eleven-beatus

ELEVEN-BEATUS   par  HERACLIUS

Cette enluminure est dédiée aux victimes du 11 septembre 2001, à leurs proches, au peuple américain aspirant à la paix, la justice et la liberté dans le monde.

Préliminaire

Depuis des millénaires l’homme crée des images de lumière pour tenter de se rapprocher de l’inexprimable, donner une forme à l’inconcevable, afin d’appréhender les mystères de la vie, de la mort et de l’au-delà. Comme le furent mes prédécesseurs, je suis un enlumineur régulier, et je peins des images sur des livres comme à l’époque médiévale. Le mot enluminure, vient de « illuminare », c’est-à-dire donner la lumière.

Dans le sud de l’Italie, j’ai été initié par un moine ermite franciscain à l’art de l’image traditionnelle, véritable chemin qui mène à la connaissance. Pendant dix ans, il m’éleva progressivement, comme on élève un néophyte, semblable à un germe qui tend vers la lumière avec fragilité. Il me transmit les gestes de métier de sa filiation, je reçus les trois initiations qui mènent à la maîtrise et je fus consacré Maître enlumineur.

Mon Maître m’enseigna les lois du sommeil et de l’alimentation ainsi que tous les savoirs traditionnels qui étaient en sa possession, du symbolisme à la connaissance des textes sacrés, de l’art des couleurs jusqu’à celui de la géométrie. Il m’expliqua que les enlumineurs, comme les bâtisseurs de cathédrales, sont des géomètres. Ils tracent, sur le parchemin ou au sol, un espace sacré au cœur duquel l’homme peut s’élever vers sa Source, son Principe. L’image est un reflet, un cosmos, et pour mon Maître, c’est une manière de baliser des sentiers pour les métamorphoses de l’homme.

Avec l’enluminure et sa géométrie cachée, une vision métaphysique d’un art multiséculaire surgit dans le monde. Après dix ans aux côtés de mon Maître, j’ai compris ce que signifiait « être Géomètre » : c’est porter une vision du monde, chercher le Plan Divin derrière les apparences afin de s’y rendre conforme.

Une enluminure se construit comme n’importe quel espace sacré, comme une véritable cathédrale… Une image traditionnelle est une image de lumière. Enluminures, icônes, fresques, mosaïques, vitraux… répondent à des règles immuables qui remontent à des millénaires. Ces images véhiculent le sacré et nous font pénétrer dans les mystères de notre origine.

Dans la contemplation de  l’image, nous entrons dans différents états de nous-mêmes, nous atteignons différents niveaux de compréhension. L’enluminure initie à voir au-delà du réel, au-delà de nos croyances. Avec discrétion, elle nous ouvre différentes perspectives qui sont des trouées dans le temps et dans  l’espace.

L’enluminure, pure étoile, reliée à une tradition régulière, prend sa source dans le monde d’en haut. Portée par la main ailée, l’image devient une voie pour nous élever vers les sphères célestes.  Elle aiguise nos sens physiques et spirituels, elle est un instrument privilégié.

Genèse de l’œuvre

Le parchemin. Dimension: 110X110 centimètres

Les tracés géométriques

L’enluminure est bâtie selon la proportion d’or et ses mesures sont aussi parfaites que celles d’une cathédrale. La structure géométrique ouvre un espace sacré.

L’or est la première couleur posée sur le parchemin. Il est le symbole de la lumière originelle. 

L’or pur est utilisé sous forme de poudre comme dans les manuscrits les plus anciens.

L’œuvre est reliée aux Apocalypses enluminées du haut Moyen Age espagnol dont le moine Béatus fit son « Commentaire » au VIIIème siècle.

À l’instar des Béatus médiévaux, cette représentation combine les vues de face et de profil.

Au centre de l’enluminure, un cadre ornementé entoure un ciel étoilé. L’archange Michel, monté sur son cheval blanc, protège les Etats Unis d’Amérique.

L’Archange, aux yeux en amande, contemple la Lumière des origines.

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L’épée du cavalier de l’Apocalypse s’est transmuée en flambeau de la liberté.

Dominé par l’Archange, le Diable est enchaîné pour mille années.

Au centre supérieur de l’image, la « Cité de Vie » descend du ciel.

En ce 11 septembre, les avions se précipitent sur les Tours Jumelles

Une pluie de feu tombe du ciel

Sur la droite de l’enluminure se dressent les deux Tours Jumelles. Sans peinture, elles sont en parchemin vierge. Les tours matérielles sont détruites.

Mais l’Amérique sort victorieuse de l’épreuve car Les Tours de l’Esprit sont indestructibles et demeurent à jamais.

Les pompiers et le peuple américain de toutes origines.

L’Aigle de Gloire et toutes les forces des cieux volent au secours des Etats Unis d’Amérique

Une enluminure à méditer, à décrypter ou à contempler pour le simple bonheur des yeux